Le temps qui passe retourne à l’origine

Oh, depuis combien de temps… ! Et pourquoi ce silence, pourquoi ? Ne s’est-il donc rien passé, d’autre que le temps ? Et l’âge vient, avec la sagesse peut-être, l’usure sans doute. Mais n’y a-t-il pas un lien évident, entre l’usure et le sourire ? Un polissage ?

La pierre, roulée par l’océan, peu à peu devient galet ovale et lisse, brillant d’avoir couru les fonds, connu les vagues, les roulis, galet chargé des dialogues, au passage des baleines. Tout enregistre tout ; car tout relève du grand principe du mimétisme vital. Miroir de miroirs, tout est miroir.

Pesante à l’origine, la pierre s’est concentrée pour révéler son cœur. Du moellon à l’agate, sacré chemin ! Et tous ces sons, ces émissions, comme venues du fond du cosmos, cris de l’océan, des abysses à la surface, chants des mammifères marins, complexes langages qui suggèrent l’existence d’une intelligence intraterrestre, d’une vie, dans ses profondeurs, qui nous dépasse… tous ces sons l’ont nourrie d’une densité vibrante, à même de s’accorder aussitôt à toutes les fondamentales.

Nous, petites choses sur la croûte, nous nous étendons, empire vampire, et la paix mondiale n’est pas pour demain. Et ça se réchauffe, car nous surchauffons tout là où nous passons, persistons, enfonçons la vrille extractiviste de nos certitudes irréfléchies.

Au milieu de tout, l’aïkido, art pacifique entre danse, chant, instrumentalité sonore, marche, respiration, accueil cordial des étoiles et vocation réenchanteresse, cet aïkido modeste qui ne cesse de se chercher, entre gravité (terrestre), lévité (céleste), giration (sphérique), centre vide au cœur de la roue, infime infini, point de circulation, cellule-source dont le noyau se forme à partir du vide, voilà qu’il devient pratique sophrologique fondamentale, essence de la voie corps-esprit, avant même toute dénomination historique ; le voilà comme la pratique première, la pratique-souche et sans nom, pas même chamanique, pré-chamanique, qui s’apparente dès lors à la première prise de souffle du premier être cellulaire, à la première pulsation d’un moteur biologique autonome, d’un bébé univers ignorant ses sédimentations futures ; qui dès lors s’identifie comme origine, pure origine s’originant d’elle-même, étincelle distincte qui veut persister dans son devenir et qui découvre, dans l’instant qu’elle le crée par sa propre lumière, qu’il y a un monde.

Être cela.

About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s