Stage Michel ERB à Sens, samedi 1er décembre 2012

Mchel ERBStage Michel ERB à Sens, le samedi 1er décembre, de 14h à 18h :

Ambiance sympathique, accueil détendu, merci au club de Sens (89100).

L’intervenant est Michel ERB (5ème dan) : http://www.michelerb.com/

Ce qui suit n’est pas un copier-coller des propos de Michel ERB, mais ce dont je peux me souvenir, formulé à ma façon ; en essayant toutefois de demeurer aussi proche qu’il m’est possible de ce qu’a dit l’intervenant. Avec un conclusion critique à ma façon.

Il y 4 piliers pour se développer en aïkido (Michel Erb se situe donc ici au plan de l’approche pédagogique) :

1. Les exercices ;

2. Le travail des techniques en statique ;

3. Le travail des techniques en dynamique ;

4. Les applications.

Importance de ne pas mélanger ces 4 approches qui fondent le travail en aïkido.

Pour Michel ERB, nombre de problèmes viennent de la confusion entre ces 4 piliers.

L’apprentissage des techniques en statique et en dynamique se fait sous forme de katas, c’est-à-dire sous forme d’une série de mouvements codifiés. Les applications, quant à elles, sont des mises en pratique en situation concrète, voire réelle (ce n’est donc plus codifié). Les exercices permettent de travailler des points spécifiques, que ce soit pour améliorer une posture de base, un déplacement de base ou une technique de base.

14h à 16h : travail à mains nues

Miche ERB souligne plusieurs points essentiels pour le travail en kata (le travail codé, conventionnel) :

Ne pas se battre : uke donne un geste d’attaque. Il s’agit d’une métaphore d’attaque, pas d’une véritable attaque (sinon nous ne serions plus dans un travail de kata, mais dans une application réelle).

Se placer avant tout : il faut placer son corps dans le bon angle par rapport à l’autre, pour se protéger et pour prendre un avantage (sinon le déroulement du kata n’a plus lieu d’être). Se placer implique que l’on n’est pas dans la réaction, le réflexe instinctif (pousser, tirer, agripper, etc.), mais dans un mouvement conscient et contrôlé de tout son corps, avec l’intention de réattaquer (toujours de façon métaphorique, dans un kata).

Il s’agit donc, dans cette forme de travail essentiel pour progresser, d’une GESTUELLE (Michel a utilisé le mot). Comment pourrions-nous travailler les formes, s’il y avait opposition ou blocage, ou bien retrait ou fuite, de la part d’un des partenaires? Il s’agit bien d’un travail en conciliation.

Il faut bien entendu maîtriser assez bien les formes conventionnelles à deux, d’abord de façon statique, puis de façon dynamique, pour passer à des applications réelles.

Laisser passer : ne pas faire opposition au geste d’attaque. Se glisser le long de ce geste. Ne pas l’amplifier du tout (ou peu, mais là tout dépend de la situation). Exemple de Michel : sur shomen uchi irimi nage, il n’est pas nécessaire de faire descendre le bras qui attaque… puisque ce bras coupe et donc descend de lui-même.  Laisser passer, cela veut dire aussi qu’à chaque fois que l’autre revient pour se placer, dans l’intention de reprendre l’avantage, il faut se replacer soi-même pour  pouvoir accueillir et laisser passer (autour de notre axe) ce qui arrive. Pour rester sur l’exemple de shomen uchi irimi nage, une fois que uke a attaqué et que tori a placé son axe (vertébral) à côté et un peu derrière uke, tori n’a pas à attraper la nuque de uke pour l’obliger à descendre : en effet, c’est uke qui se tourne lui-même pour revenir sur tori dans l’intention de reprendre l’avantage (pour réattaquer) ; c’est donc le mouvement de rotation de uke sur lui-même (pour revenir sur tori) qui permet à tori d’absorber uke, en l’occcurence vers le bas ; uke pose alors sa main au sol pour rétablir son équilibre, puis lorsqu’il se redresse pour tenter de reprendre l’avantage (et réattaquer tori), tori absorbe cette nouvelle entrée par sa rotation de hanche, et le mouvement se termine sur une entrée irimi.

16h-17h, travail au jo (jo dori : uke attaque, tori récupère le jo) :

Sur attaque chudan tsuki :

  • sans retirer le jo, et kokyunage ;
  • en retirant le jo, et kote gaeshi (avec bon placement derrière uke, sans mouvements horizontaux) ;
  • en  retirant le jo et en le remontant comme pour réattaquer, et sokumen irimi nage.

17h à 18h : travail plus dynamique à mains nues :

Chudan tsuki :

  • ikkyo, soit en attrapant la main qui frappe, soit en coupant au niveau du poignet et en remontant ;
  • kokyunage, en réorientant à 90° son corps ;
  • si retrait du poing qui frappe, kokyu nage en repoussant l’autre avec les deux mains au niveau sternum-épaules ;
  • si uke réattaque jodan tsuki (niveau haut, et avec l’autre poing ici), tori entre en irimi nage.

Conclusion

Un très bel aïkido. Une grande technicité. Une solide structure pédagogique. Un stage riche et qui permet de recadrer pas mal de choses.

Mon esprit critique ne laissant rien passer, je placerais toutefois un bémol sur l’orientation de fond d’un tel enseignement : j’explore et j’apprends au cours de divers stages, j’aime me mettre en situation inhabituelle pour redevenir débutant. Je m’aperçois, ce faisant, que je le suis toujours. Mais là n’est pas mon propos. Ce que je veux pointer, c’est la chose suivante : il ne m’a été donné qu’exceptionnellement de rencontrer un enseignant dont le but est de permettre à chacun de développer son propre aïkido. Pratiquement toutes les pédagogies et tous les enseignants qu’il m’a été donné de fréquenter présentent un modèle, réputé le bon modèle, réputé parfait, modèle formel qu’il s’agit de reproduire de façon décalquée. Or l’aïkido vient du fond du corps de chacun, et chacun devrait pouvoir développer, à partir de son profil énergétique, somatique et anatomique son propre aïkido. Quel est l’enseignant qui va créer les conditions d’émergence de votre propre aïkido, au lieu de vous demander d’adopter sa forme, la forme de son club ou celle de sa fédération ? Peut-être qu’on vous demande de jouer du classique, alors que vous êtes faits pour jouer du jazz, ou l’inverse ! Les règles de l’harmonie, de la physique ou de la biomécanique sont toujours les mêmes, d’accord, mais peut-être ne pouvez-vous y avoir accès que si l’enseignant sait qui vous êtes, au fond, s’il sait vous sentir et vous guider sur votre chemin à vous, qui n’est pas nécessairement dessiné sur le modèle du sien. Heureux, donc, ceux dont le profil corporel les prédispose à se configurer comme Maître Tamura, Christian Tissier ou un autre maître réputé. Mais que font ces maîtres pour tous ceux qui n’ont pas la disposition de leur ressembler un jour… ? Disons qu’il y en a 1 pour 1000 qui en est virtuellement capable. A quoi destine-t-on les 999 autres…? Comment les considère-t-on ? Qu’espère-t-on, pour eux, en aïkido ? J’encourage donc chacun à choisir un aïkido moins performant, mais plus proche de sa nature propre, et qui soit à même d’aider au développement de ce qui fait que vous êtes unique. A moins que vous ne soyez un champion du mimétisme formel, essayez de faire germer et de perfectionner ce qui est déjà en vous. C’est toute la différence qu’il y a entre produire un clone, et naître à soi-même.

(On va m’objecter qu’il faut bien travailler sur quelque chose, sur de « belles formes », que l’on nous donne, et que c’est en les améliorant qu’on se perfectionne soi-même. Certes ! Mais il ne faudrait pas que vous deveniez ces formes ! Elles doivent servir de tremplin pour vous réaliser vous-mêmes. Je ne veux pas devenir un magnifique perroquet, si là n’est pas la forme de mon germe. Toute la question est donc : dans quel mode sensitif dois-je me placer, et dans quel contexte d’influence et d’exercice, pour éprouver la forme unique de mon germe et oeuvrer à son déploiement ?)

About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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