Le colloque des oiseaux

« Tout ce que tu as dit et tout ce que tu as entendu, tout ce que tu as su et tout ce que tu as vu, tout cela n’est pas même le commencement de ce que tu dois savoir. Anéantis-toi, puisque l’habitation ruinée du monde n’est pas ta place. Il te faut chercher le tronc de l’arbre ; il doit te suffire, peu importe que les branches existent ou n’existent pas. Le soleil véritable brille toujours, ne le considère ni comme un atome ni comme une ombre. »

« Autre anecdote sur Hallâj », dans Le Langage des oiseaux, de ‘Attar, traduit du persan par Garcin de Tassy, édition Sindbad, Paris, 1982, page 297.

D’autres éditions existent, parfois intitulées La Conférence des oiseaux ou Le Colloque des oiseaux.

Le Langage (ou colloque) des oiseaux est un ouvrage qui a été écrit au début du XIIIème siècle, en persan, par Farid Al-Din Attar. Le récit raconte la quête de leur roi par des oiseaux. Tous périssent sauf trente oiseaux. Les survivants rencontreront leur roi, le Simorg. Et l’ombre se perdra dans le soleil. Entrecoupé de contes et d’anecdotes, le récit se veut témoin de l’expérience religieuse mystique. Attar est l’âme du soufisme. Le colloque des oiseaux se présente comme poème de philosophie spiritualiste. Il ne s’agit pourtant pas de poésie, Attar l’écrit :

« Ô toi qui es en marche dans le chemin spirituel ! ne lis pas mon livre comme une production poétique ou de magisme, mais lis-le comme se rapportant à l’amour spirituel… »

Il dit aussi :

« Les gens extérieurs sont noyés par l’effet de mon discours, mais les gens du sens spirituel sont en possession des secrets qu’il contient. »

Quant à l’aïkido, s’il n’est pas l’expression d’une voie spirituelle, qu’est-il ?

Un ensemble de techniques pour ne pas se battre ?

Une discipline martiale visant au non combat ?

Sans le profond courant spirituel qui anima Ueshiba, l’aïkido aurait-il pu naître ?

De quoi l’aïkido est-il l’émergence visible ?

Que croyez-vous et que pratiquez-vous ?

« Il te faut chercher le tronc de l’arbre ; il doit te suffire, peu importe que les branches existent ou n’existent pas. »

A méditer.

 A appliquer.

About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 Responses to Le colloque des oiseaux

  1. leon dit :

    La compassion, mot plus explicite que celui de pitié, puisqu’il souligne le fait de pâtir avec ceux qui pâtissent, n’est pas, comme on le croit trop, une passion faible ou une passion d’homme faible, qu’on puisse opposer à celle, plus virile, de la justice ; loin de répondre à une conception sentimentale de la vie, cette pitié chauffée à blanc n’entre comme une lame que chez ceux qui, forts ou non, courageux ou non, intelligents ou non (là n’est pas la question), ont reçu l’horrible don de voir face à face le monde tel qu’il est. À partir de cette vision extatique à rebours, on ne parle plus de beauté qu’avec certaines restrictions.

    Marguerite Yourcenar Souvenirs pieux.

  2. frédéric dit :

    « Ceux qui n’ont pas la foi ne peuvent pas saisir le takemusu aiki. »

    Ueshiba Morihei, in Takemusu Aiki volume 2

    (traduction en français de conférences de maître Ueshiba, parue aux Éditions du Cénacle de France, pour ceux qui ne connaitraient pas)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s