J.-C. Joannès en grande forme (stage à Montier en Der)

Fleurs d'un pommier du Japon

Samedi 2 et dimanche 3 avril, stage d’aïkido à Montier-en-Der (Haute-Marne, 52).

Une journée de pratique digne d’un stage d’été, par le temps, estival, par le nombre, plus de cinquante personnes, et par l’intensité du travail technique de Jean-Claude Joannès, 6ème dan. Par ailleurs, le dojo de Montier est particulièrement agréable, dans la campagne, à côté du hara et d’un jardin où pousse… un pommier du Japon (expertise d’Alain) ; ça ne s’invente pas.

De 14h à 15h

Une séance d’arme, façon kenjutsu.

Travail seul : travail de coupe diagonale, irimi tenkan, puis shomen. Impossible à rendre par écrit ; il faut y avoir été ! Par exemple : vous tenez votre ken d’une main, la droite, la lame basse vers la gauche. Vous entre irimi en coupant en diagonal du bas gauche vers le haut droit. Sabre au dessus de la tête, vous coupez en shomen avec irimi. En fait… tout est possible  ,-)

Points techniques : on peut utiliser le sabre en ne le tenant que d’une main, certains mouvements se font ainsi (ce n’est donc pas une faute technique, encore faut-il savoir ce que l’on fait, et pourquoi, lorsqu’on tient son ken avec une seule main, et encore faut-il savoir le tenir convenablement !) Le sabre ne doit pas « flotter » pendant les coupes. Il faut couper « loin », ce qui veut dire ne pas faire un geste de coupe étriqué. Mais la manière d’attaquer en shomen par des kendokas et des aïkidokas (même frottés de kenjutsu) n’est pas tout à fait la même : les kendoka projètent leur shinaï très horizontalement et très loin ; les aïkidoka font une coupe plus ronde et moins éloignée de leur corps. Tout ça est une question de tradition et de situation martiale, entre autres !

Travail à 3, au ken : un devant (A), un derrière (B)… un au milieu (C). A attaque C en shomen. C répond en coupe diagonale en sortant sur sa droite (donc sur le côté gauche de A). Puis il fait son irimi/tenkan. Dans le même temps, B a attaqué C en shomen. C absorbe en coupant shomen sur B. Autre exercice : même configuration, mais C sort sur sa gauche (donc du côté droit de A qui l’a attaqué en shomen). Irimi/tenkan ; contrôle du poignet avec le sabre ; puis irimi/tenkan, la main plongeant dans la garde du sabre de A. C’est assez délicat à expliquer verbalement, et seuls ceux qui ont participé au stage peuvent se remémorer le mouvement.

De 15h à 18h

A 2 et à mains nues : l’essentiel s’est déroulé sur une base de sankyo, à partir d’une saisie ryo kata dori en ushiro waza. Manière d’entraîner l’autre derrière soi pour qu’il saisisse notre autre épaule : Jean-Claude impulse le mouvement à partir des hanches, il pousse l’autre derrière lui avec son bras, mais ce n’est pas le bras seul qui pousse, derrière il y a la puissance de la rotation des hanches. Uké saisit l’autre épaule. On descend sur notre axe pour prendre en sankyo la 1ère main qui a saisi. Contrôle sankyo, on fait tourner l’autre autour de soi (si on veut). A partir de là, une sorte de « passe de rock’n’roll » (!) puisqu’on fait tourner l’autre sur lui-même en maintenant sa main, et l’on se retrouve alors quasiment en aihanmi. A partir de là, Jean-Claude à engagé les techniques suivantes : shi-o-nage, naname, kote gaeshi, irimi nage. La conversion du sankyo dans ces différentes formes techniques n’est pas si difficile… une fois qu’on a compris. Pour le shi-o-nage, il y a deux possibilité : la forme classique… et l’autre où on coupe avec la main… mais là, franchement, l’expliquer par écrit…

A 2 avec le jo :

Ex. préliminaire : saisie du jo, puis on entre par en dessous comme pour un shi-o-nagé, puis on aide uké à faire un point arrière pour travailler la souplesse vertébrale. A faire doucement, sans mouvement brusque, sinon l’effet est contraire, uké stresse, et il n’a aucune envie de travailler sa souplesse.

Ex.1 : Uké saisit le jo. On absorbe avec la hanche et on réoriente uké dans l’autre sens (autrement dit, on lui fait faire 180 degrés sur lui-même, uké est contraint de changer de hanche). On entre ensuite en naname.

Ex.2 : Uké saisit le jo. On fait passer son propre jo sur notre autre hanche tout en absorbant uké par la rotation aspirante de la hanche (ici, uké n’est pas contraint à faire 180 degrés sur lui-même, il est toujours orienté dans le même sens qu’au départ de son attaque). On entre ensuite en naname.

Ex.3 : Uké saisit le jo que l’on monte pour entre en ikkyo. Notre main du bas glisse et se positionne sous la main de uké (qui tient le jo saisi) ; notre main avant monte et prend la main haute de uké en sankyo. On verticalise le jo avec la main du bas (le jo est donc quasiment parallèle au sol, en niveau jodan). Cette position du jo permet de l’utiliser comme une sorte de « manche » pour agir sur uké et accentuer le sankyo. Uké tourne donc autre de notre axe (à nous de doser). On rééquilibre le jo dans sa main droite pour le tenir maintenant à peu près au milieu. On contrôle le coude de uké juste après qu’on l’ait fait chuter par un mouvement de coupe impulsé à partir de la saisie en sankyo. Le jo reste entre le bras et les côtes de uké durant l’immobilisation, plus ou moins contrainte et douloureuse (à nous de doser).

Si vous souhaitez me transmettre votre description d’un autre mouvement vu ce samedi (et dimanche) n’hésitez pas, je le publierai ici. Idem si vous souhaitez apporter des précisions aux mouvements décrits ci-dessus. Si vous tentez vous-même de décrire un mouvement avec précision, vous serez indulgent pour mes notes techniques. Sans image à l’appui, c’est difficile. Des vidéos et des photos ont été prises durant le stage.

Notes plus personnelles :

Photos, vidéos, notes verbales, tout cela n’est pas essentiel : seul ce que votre corps aura déjà assimilé de lui-même vous restera et servira de base à vos progrès. Avec 20% d’assimilé, les fondamentaux s’intègrent à la mémoire du corps qui peut produire les 80% restant par mimétisme ou déduction spontanée (comment appeler cette logique naturelle somatique, je ne sais pas. Mais encore faut-il la laisser agir. C’est la nuit qui suit le stage que votre cerveau aura vraiment « appris » et intégré ce qui restera en vous.)

Une fois encore, je crois (et je sens), qu’il n’est pas nécessaire de trop s’attacher aux formes techniques externes elles-mêmes. Il en faut peu pour construire les fondamentaux somatiques. Centrage, axe, irimi et tenkan : une fois que cela est intégré, les techniques peuvent venir d’elles-mêmes. Mais au départ, il faut bien quelques techniques pour échafauder les grands axes posturaux et faire assimiler au corps le centrage, l’axe, et irimi / tenkan ! Le guidage par un bon prof paraît indispensable,  surtout au tout début de la pratique, afin de poser des bases solides. Si les bases ne sont pas correctes et solides, il va falloir penser à casser la dalle de béton et en recouler une autre. Par ailleurs, ne pas confondre « maître » et « bon enseignant ». Un grand maître n’est pas nécessairement un bon pédagogue (et ce quels que soient l’art ou la discipline envisagés). Quand on a intégré les choses à un très haut niveau, il est parfois bien difficile de tout redéplier pour l’exposer de façon claire, compréhensible et progressive à un débutant. C’est à peu près pareil de demander à l’araignée d’expliquer comment elle fait sa toile ; depuis le temps que les choses se sont intégrées à sa nature, qu’est-ce qu’elle en sait ! Mais après tout, à bien y réfléchir, les principes énergétiques et posturaux de l’aïkido (et autres) ne sont-ils pas déjà inscrits dans notre programme génétique et notre nature (animale, au moins) ? Serions-nous vraiment plus cons qu’un ours, dont la capacité de « combat », après quelques semaines, est celle d’un dixième dan ? Je dis « ours », mais je pourrais dire « tigre » ou « scarabée ». Il existe 1,75 millions d’espèces vivantes (nous n’en connaissons aujourd’hui qu’environ 20%), dont chaque individu est – mieux que l’Homme – en harmonie avec son « environnement ». Ceci semble un autre débat ; mais tout est lié ; notamment l’aïkido et la logique du vivant.

About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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