Se placer à l’origine du monde

Cailloux superposés au centre du monde

A la fin d’un récent article (2010) de Physique, voici ce qu’on peut lire :

« Si l’espace n’existe pas de par lui-même, alors il n’y a pas de position privilégiée dans l’espace et chaque observateur peut se considérer comme le centre du monde ; si seuls les interactions sont responsables du changement d’état des champs alors « le mouvement d’inertie (sans interaction) est comme nul » en conformité avec les énoncés de Galilée. » (Une nouvelle révolution scientifique à l’horizon ? article de Gilles Cohen-Tannoudji et Sylvain Hudlet)

Quel rapport avec certaines sensations en aïkido, et notamment en aïkitaïso ? Dans d’autres discplines et arts martiaux ou énergétiques ? Avec des pratiques mystiques ou assimilables ? L’exercice appelé tama no hireburi, ça vous dit quelque chose… ? « Vibration de l’âme »… exercice tirée de la pratique du kototama

Je vous invite à lire l’extrait qui suit ; ce sont des propos tenus par Régis Soavi, aïkidoka, enseignant :

« Me Tsuda nous a transmis des choses importantes : pendant une des formes de méditation debout, dans la première partie qu’il a appelée „pratique respiratoire“, il disait ; „ka-mi“, inspire-expire. Ensuite il y a funakogi undo et tama-no-hireburi. Là encore Me Tsuda insistait, et donc étant son élève, j’insiste aussi, sur le fait que les trois mouvements de funakogi undo se font avec trois rythmes „ jo, ha, kyu“. C’est connu, mais ce n’est pas souvent fait. En Occident, en musique, on a le rythme largo, le rythme andante, et le rythme presto, prestissimo. Quant aux trois sons, je ne sais pas pourquoi, mais je ne les ai jamais retrouvés ailleurs. Me Tsuda nous disait : „ On commence à gauche et on fait ei-ho, ensuite à droite avec ei-sa, et ensuite encore à gauche avec ei-sa“. On va me dire que ce n’est pas juste, que c’est comme ça… Je n’en sais rien, je cherche à travers ce que m’a donné mon maître et je continue à chercher dans cette voie. Et il y a trois rythmes. Et entre chacun, il y a tame-no-hireburi, la vibration de l’âme. Avec Me Tsuda on faisait inspire, expire et ensuite vibration qui part … Me Tsuda disait : „Me Ueshiba faisait seulement inspiration, non pas inspire-expire, mais inspire-inspire-inspire-inspire. Alors on le fait, c’est une inspiration très lente, mais quand on ne peut plus, on arrête et on expire. C’est tout simple. D’abord on invoque Ame-no-minakanushi, le centre de l’univers, puis Kuni-tokotachi, la matière, puis au troisième, Amaterasu, « la » soleil. Me Tsuda disait que l’on passe de quelque chose d’inconnaissable – le centre de l’univers, on ne sait pas ce que c’est – à quelque chose de concret, la matière et ensuite, ce qui anime la matière. Et dans notre école, chaque fois que l’on fait une séance, on fait ça. Quand on prononce ces mots c’est à la fois une invocation, une évocation … on n’est pas Shintoïstes, on n’est pas Bouddhistes, chez nous il y a des gens qui sont Chrétiens, Bouddhistes, Juifs, il y a de tout… Moi-même, je ne suis pas Bouddhiste, je serais plutôt… je n’en sais rien. Par contre, pour Me Tsuda, c’était un certain rapport au sacré. »

(Extrait d’un interview de Régis Soavi dans Aïkido Journal)

Pour poursuivre votre recherche :

  • Je vous conseille vivement de lire la totalité de l’interview de Régis Soavi.
  • En savoir plus, grâce à cette page du site de l’Ecole d’aïkido et de Katsugen undo de Itsuo Tsuda, dont Régis Soavi est l’actuel enseignant au dojo de Paris.
  • Lire aussi, bien sûr : Itsuo TSUDA, L’Ecole de la respiration, 9 tomes, Courrier du Livre, premier tome en 1973 et dernier en 1983. (Japonais venu en France. Créé l’Ecole de la respiration. A pratiqué et enseigné l’aïkido et a eu l’occasion de fréquenter le fondateur à la fin de sa vie. On trouvera dans ces 9 tomes des informations essentielles et uniques pour la pratique de l’aïkido.)
  • Elargir la réflexion aux plans philosophique et anthropologique : Lire le passage intitulé Les retrouvailles d’un proto-monde dans l’article de Jean-Jacques Wunengerber « Art, psychè, cosmos » (Quel regard neuf, en contact avec la réalité brute, pouvons-nous porter et recréer en nous ? Autrement dit : comment nous replacer sensitivement à l’origine des choses et du monde ? Nous sommes là dans la géopoétique.)

About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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