Kototama ? Meguri ? Irimi/tekan ?

 

On me pose des questions sur le kototama, sur un mouvement de main proche du "touillage" (que je rapporte au meguri de Kobayashi) et sur le mot irimi (/tenkan).

J'en profite pour proposer ici mes réponses :

 

Kototama (ou bien kotodama)

Une piste : William GLEASON, A la source spirituelle de l'aïkido : le kototama (ou kotodama), Editions Guy Trédaniel.

Le kototama, ou "sons" sacrés ou "âmes-mots" du shintoïsme ne sont plus vraiment transmis en aïkido… Il existe parfois quelques courants sous-jacents qui les utilisent… mais je ne connais pas de transmission complète de la chose. Pour ça, il faudrait aller au Japon, et apprendre spécifiquement le kototama, chez les quelques derniers "experts"… Ceci dit, certains pratiquants de ceci ou de cela en possède des bribes… Si le fondateur de l'aïkido enracinait sa recherche martiale là-dedans, c'est parce qu'il partiquant le shintoïsme et le bouddhisme chingon (=chinkon), une branche ésotérique du bouddhisme, ou bien une branche du bouddhisme ésotérique… Tu peux trouver des choses là dessus sur le net…

Si j'ai appelé le club "Aïkido et aïkitaïso", ce n'est pas pour rien. C'est précisément parce que les aïkitaïso sont le "yoga" de l'aïkido… et normalement ce yoga devrait intégrer des pratiques énergétiques internes à effet spirituel… dont des exercices/expériences relevant du kototama. J'ai tout ce qu'il faut à portée de main, en matière de documents… Les sensations développées en… quelques années pratique me permettent dans une certaines mesure de mettre certaines choses en acte, mais surtout pour moi-même… C'est délicat à transmettre, et à moins qu'on me le demande et qu'on s'y mette avec confiance et humilité… je préfère manier avec beaucoup de précautions des choses (exercices, etc) qui pourraient passer pour ésotériques, étranges, peu acceptables pour un occidental, qui pourrait y voir des "trucs" magiques… N'étant pas un chaman et n'ayant pas été élevé dans l'esprit shintô ou celui du bouddhisme chingon (=chinkon), je ne peux parler que de sensations personnelles, de pistes, d'axes de développement, de mes quelques expériences, et aussi du désir que j'aurais d'aller plus loin, tout en cadrant la chose pour éviter, justement, de tomber dans… je ne sais pas quoi, justement, mais dans l'inconscience. Bref, en matière de travail de l'énergie interne, et en matière de "spiritualité" (au sens très large), on joue avec le feu tant qu'on n'est pas un maître de la chose.
Mais l'aïkitaïso, avec tous ses exercices, présente l'avantage de garder les pieds sur Terre, tout en permettant de travailler à mesure humaine, celle d'un débutant, des choses relevant de l'énergétique. (Les gens, n'importe qui, sans préparation partculière, peut pratiquer le chi-kung (ji gong) et suivre des cours, aujourd'hui. Pourtant, les exercices énergétiques que propose le chi-kung sont loin d'être anodins.)
Le principe c'est d'y aller doucement et de ne jamais vouloir entrer en compétition, ni avec quelqu'un, ni avec soi-même. Ne pas dépasser ses limites. Par exemple, un exercice respiratoire ample, mené sur plus de trois cycles, peut déjà occasionner une suroxygénation, et on peut voir quelqu'un tomber par terre, ivre d'oxygène ! Il faut savoir ce que l'on fait, posséder les connaissance anatomiques et physiologiques de base… et ne pas faire faire aux gens des trucs pour lesquels ils ne sont pas venus.
Mais on pourrait en discuter.

 

Le meguri

Des "petits cercles avec sa main(+bras), genre remuage de potage."
Amusant, mais pas mal, l'image…

Maître Kobayashi appelait ça le "meguri".
http://www.3aikido.org/le-blog/43-aikidojournal/56-quest-ce-que-meguri-.html

Tu vas tomber sur une page du blog du site de l'AAA : l'Académie Autonome d'Aïkido, dont le chef de file est André Cognard (du côté de Lyon) élève direct de Maître Kobayashi.
J'avoue que leurs orientations et leurs recherches vont dans le sens de ce qui m'intéresse et à quoi je suis sensible…

Irimi / tenkan  ;  Omote / ura

Initialement :

iri : entrer (dans la maison)
mi : enfant dans le ventre de sa mère

Sens martial :

irimi –> pénétrer dans la sphère de l'autre, au coeur de la situation, pour devenir le centre du mouvement.


Et tenkan ?
C'est l'idée de la roue qui tourne. Mais là aussi il s'agit de tourner pour devenir le centre, pas pour s'échapper.

Irimi et Tenkan sont les deux faces d'un même concept (en Chine, irimi serait du côté yang et tenkan du côté yin).
Le tenkan permet de laisser passer l'autre, mais pour faire en sorte qu'on se retrouve au centre de la situation.
Le tenkan est nécessaire quand il n'est pas possible de pénétrer (irimi) directement dans l'assaut de l'autre (par exemple quand il attaique trop puissamment ou profondément).
Le choix dépend de la relation à l'autre, du ma-aï (de la distance physique ET psychique), etc.


Ne pas confondre tout à fait irimi (qui est un principe d'entrée) et irimi nage (qui est une technique) : d'ailleurs, irimi nage peut s'envisager avec un tenkan, au départ… c'est d'ailleurs la forme que l'on montre souvent en premier, avant celle où on entre directement (et qui exige de mieux maîtriser l'angle d'entrée sur l'autre).

Il ne faut pas confondre non plus les principes irimi / tenkan avec omote / ura !
Omote, c'est passer devant l'autre, côté face, donc. (On parle aussi de "positif")
Ura, c'est passer derrière l'autre, côté pile. (On parle aussi de "négatif")

Les débutants pensent parfois que pour entrer en Ura on fait forcément un tenkan. Eh bien non. Ils pensent réciproquement que l'entrée en omoté se fait forcement avec irimi. Pas forcément. Tous ces éléments (ou critères) peuvent se combiner. Ensuite, tout n'est optimal au plan martial ; ça, c'est encore autre chose !

Une meilleure traduction-explicitation de omote / ura serait :


omote : l'endroit, le côté  visible, le côté du manifesté (géologiquement, l'adret : wiki–> L'adret (terme géographique de 1927
issu du vieux français adrecht – adroit, endroit ou bon côté désigne les versants d'une vallée de montagne qui bénéficient de la plus longue exposition au soleil.)

ura : l'envers, le côté invisible, le côté du non manifesté (géologiquement, l'ubac :  wiki -> L'ubac (ou « envers ») est un terme géographique issu du franco-provencal (à l'origine opacus : obscur, sombre) qui désigne les versants d'une vallée de montagne qui bénéficient de la plus courte exposition au soleil.)

Pour un débutant, il est plus difficile d'entrer directement en irimi. C'est pourquoi on fait souvent bouger les débutants avec des tenkan au début des mouvements… afin de les mobiliser, afin qu'ils agissent sans trop se poser de question, dans une dynamique qui emporte leur corps (sinon ils se mettent à penser à la technique… et ils s'empêchent de découvrir ce que leur propre corps peut faire par lui-même).

Les positions fixes risquent de figer l'esprit et le corps. Toutefois, pour apprendre convenablement la forme technique pure, il est important de pouvoir en "tracer les lignes" pour elles-mêmes, comme on forme des lettres sur les lignes horizontales d'un cahier quand on apprend à écrire. Bref, il faut passer d'un mode d'apprentissage à un autre… au bon moment.

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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