De quelques sensations : sphère, pyramide, toboggan…

En marchant, il m'arrive régulièrement d'avoir à l'esprit ce que pourrait être une configuration physique optimale pour l'aïkido.

J'imagine alors n'avoir ni bras ni jambes, même pas forme humaine. Mais la forme d'une sphère qui pourrait projeter des extensions triangulaires, comme l'étrave d'un navire qui avance, une sorte de brise-glace peut-être.

Dernièrement, toujours en marchant, je me suis vu comme une sorte de pyramide, dont les bras seraient les pentes ou bien des sortes de "toboggans".

L'assaillant serait cueilli au sommet de cette pyramide est glisserait sur les toboggan jusque vers le sol.

N'est-ce pas un modèle proche de ce que nous faisons avec les kokyu nage ?

Avec la sphère qui tourne sur elle même à une vitesse variable mais indéfinissable, l'assaillant se prend dans le mouvement comme happé par une tornade. Il tombe dans l'oeil du cyclone ; puis est rééjecté en périphérie.

La vision d'un animal qui se secoue, par exemple pour se débarasser de l'eau sur ses plumes ou son pelage, me guide aussi vers la sensation d'une rotation autour de l'axe, ou d'un frémissement des segments articulaires. L'assaillant est expulsé.

Ou bien, tout comme l'eau coule sur les plumes d'un canard ou sur les feuilles de lotus aquafuges, l'assaillant glisse naturellement à la surface de notre corps.

Toutes ces visions-sensations dessinent les contours possibles d'un corps cinétique. D'un corps énergétique ?

Si nous laissons de côté la forme apparente de notre corps humain pour nous vivre comme si nous étions sphère, pyramide, étrave, toboggan, cyclone, surface aquafuge… nous pouvons vivre notre corps, l'espace, le temps et l'assaut de l'assaillant d'une manière nouvelle et plus efficace.

Les exercices de l'aïkitaïso nous permettent de réformer notre schéma coroporel classique, ils nous font entrer dans la construction d'un nouveau schéma, plus vaste, plus ouvert, plus juste. Un schéma architecturé dans des formes géométriques, volumiques, simples, tournoyantes et vibrantes.

Se construire un nouveau corps intérieur, structurellement plus simple, bâti sur le principe de solidité de la voûte (structure de l'oeuf, des arcs-boutants, etc).

Puis développer la sensation de flux permanent, de courant continu (tel un fleuve puissant, un cyclone).

Puis transformer ce courant en sensation radiante, irradiante, "lumineuse" (une flamme, une phosphorescence).

Puis rejoindre la sensation de "l'énergie du vide",  un espace-temps absolument et parfaitement neutre, mais agissant, où quiconque se neutralise par le fait même d'y pénétrer.

Qu'est-ce qu'un espace-temps parfaitement neutre ? Un espace-temps où se neutralise tout ce qui y pénètre. Car s'il en était troublé en quoi que ce soit, ce ne serait plus un espace-temps neutre. Un espace parfaitement neutre est donc nécessairement neutralisant, c'est-à-dire activement neutre. Le "budo" japonais, en tant, littéralement, que "voie d'arrêter la lance" (technique et chemin spirituel de non-violence et même de "dé-violence") a pour sous-bassement l'état dynamique du neutre parfait.

Et si le corps incarné était la rampe de lancement physique du corps énergétique ?

Rien à voir avec une "âme" pérenne qui aurait gagné le droit à l'éternité par la moralité de la personne humaine. Il s'agit ici de quelque chose relevant de la Physique – et plus de la Physique quantique que la physique classique : il y a un champ d'énergie universel, dont toute matière est issue et dont elle est une décohérence, autrement dit une sorte de "pli" ou de "grumeau" imparmanent destiné à rejoindre ce champ d'énergie, une fois "déplissé" par la déliaison finale de ses particules/ondes élémentaires. Le corps humain s'inscrit dans une biologie, autrement dit une "matière vivante". La conscience est elle-même une propriété énergétique émergente, soit émergeant de la matière vivante, soit directement issue de l'énergie "originelle". Mais quelle que soit l'hypothèse privilégiée, et quel que soit son mode de manifestation, il s'agit bien, depuis l'origine et in fine, d'énergie !

 

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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