« Acceptez d’être faible pour pouvoir être libre »

Voilà, je retiendrai cela, qui résume tout : "Il faut accepter d'être faible pour pouvoir être libre."

C'est la dernière chose dite par Jean-Pierre Lafont lors du stage yudansha (école des cadres aïkido) à Montier-en-Der, ce vendredi 26 octobre 2007.

Peut-être ne se souviendra-t-il pas lui-même d'avoir dit cela en manière de conclusion spontanée.

Tant que nous serons dans l'opposition, dans une image classique du "martial", dans la peur, il n'y a aucun espoir de faire quelque chose qui soit de l'aïkido.

Accepter d'être faible, c'est accepter le heurt, et peut-être la mort.

Ne pas intervenir là où se pose le problème, mais, d'abord, acceptez le problème : acceptez la saisie, accueillir l'assaut ; ne pas le fuir ou le contrarier. Construire le canal pour guider cet assaut. Accompagner l'autre dans son désir. Tout cela, nous le savons en tant qu'ancien pratiquant. Ce n'est pas tant dans la technique que réside le problème, mais dans l'état d'esprit, l'état de conscience.

Tant qu'il y aura le moindre réflexe d'opposition, aucune chance que l'aïkido s'exprime.

Peut-être faudrait-il apprendre à recevoir des frappes. Apprendre à contrôler sa peur d'être touché.

Cela se fait dans nombre d'arts martiaux ; en karaté, par exemple. Mais pas en aïkido ; du moins n'est-ce pas un exercice répandu et pratiqué conventionnellement.

On peut regretter que la pratique de la méditation et de tout ce qui peut modifier l'état d'esprit et le niveau de conscience ne soit pas systématiquement pratiqué. Car c'est en cela que s'enracine la justesse et l'équilibre de l'aïkido. Ce n'est pas que dans le centrage physique ; c'est aussi dans le centrage psychique.

Jean-Pierre Lafont parle aussi de "couper avec le sabre intérieur". La position du sabre (présent ou virtuel) dans les mains n'est qu'une étape qui conduit à intégrer cette sensation d'unité par le sabre à tout le corps.

Serait-ce alors la colonne vertébrale qui serait ce sabre intérieur ?

Pas seulement. Ce doit être tout le soma (= le "corps/esprit", unis, non séparés ni distingués).

L'absence d'opposition est au fondement de l'aïkido. C'est pourquoi l'aïkido n'est pas un aïkijutsu ; il est l'étape qui suit l'aïkijutsu ; c'est un au-delà de la technique qui nécessite de maîtriser les techniques.

Utiliser au maximum l'énergie de l'autre, et très peu de la sienne propre. "Laissez faire, laisser passer", comme dit ce dicton (initialement du domaine économique).

Je conclue : plutôt que de se focaliser sur la technique et sur l'attaque de l'autre, se placer dans l'état d'esprit d'accueillir un mouvement qui vient vers nous en le laissant passer, près de nous pour ne pas perdre le contact d'accompagnement que nous devons avoir pour permettre à ce mouvement de s'exprimer, le guidant par des tangeantes.

N'employez qu'un minimum d'énergie musculaire, mais exploiter au maximum la gravité, l'attraction naturelle vers le centre de la Terre.

Descendre avec l'autre, être lourd, "gravide", pour entrainer l'autre dans cette pesanteur, vers le centre de la Terre.

Cela suppose un vaste travail sur soi-même, un travail de dissolution des peurs, d'élagage des l'inessentiel, de misogi

 

 

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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