Paris, Stage avec Maître Tamura, 8ème dan : samedi 7 avril 2007

 

Bref compte-rendu du samedi 7 avril 2007, après-midi, au gymnase Elisabeth, près de la Porte d'Orléans. (Le stage complet avait lieu samedi 7 et dimanche matin 8 avril).

Maître Tamura propose des techniques que tout le monde connaît, même la plupart des débutants : ikkyo, nikkyo, naname (= sokumen irimi nage).

Il semble que l'intérêt ne soit pas dans l'éventail des techniques, ni même dans la technicité de la technique. Les techniques semblent utilisées comme prétexte au travail de principes plus profonds, eux-même assez simples à comprendre, quoique difficiles à mettre en oeuvre… comme d'habitude.

J'en retiendrai deux :

1- le centrage de la coupe

Il s'agit de couper sur l'axe vertébral de l'autre comme avec un sabre (main-sabre = te-katana). Il semblerait que toute technique en vient à couper le centre de l'autre, pour prendre ce centre. Ce n'est donc pas un "strke" ou un "carreau", mais bien une coupe. L'étrave du navire tranche la glace.

2- entrer "là où il n'y a rien"

Il faut couper là où il y a du vide, parfois rien qu'un interstice. C'est ce vide, cette faille qu'il faut sentir, et passer par là pour atteindre le centre de l'autre.

 

Conclusion

Micro-absorption de l'attaque de uke, et en fin d'absorption l'irimi commence : le début de l'irimi fusionne avec la fin de l'absorption, il n'y a pas deux temps, et pas de temps mort, c'est un mouvement complet.

Il s'agit d'une recherche de déséquilibre. C'est le plus centrés des deux qui satellise l'autre. Il garde son satellite proche de lui : pour éviter qu'il ne s'échappe (par la force centrifuge) et pour le protéger (c'est de l'aïkido, donc on protège aussi l'autre de lui-même.)

Les mouvements de Maître Tamura étant très fins, et sa sensibilité très raffinée, il est très délicat de parvenir à copier par mimétisme. Il faudrait pouvoir être à l'intérieur de lui-même, et ressentir ce qu'il ressent. Une attention purement externe de ses mouvements ne mène donc pas à grand chose : il faut chercher à se mettre à sa place, à ressentir le mouvement comme si on était lui. Mais comme il va assez vite, ses mouvements étant brefs, il est difficile d'y parvenir…

Peut-être les plus débutants devraient-ils bouger plus pour découvrir leur centre et expérimenter le centrifuge et le centripète et parvenir peu à peu à les contrôles en eux. Aborder directement la pratique de Maître Tamura quand on est un débutant est un sacré défi !

Pour finir… il est impressionant de voir un homme de cet âge rouler sur les tatami avec une telle précision, et même s'il est possible qu'il souffre un peu, il le fait avec une économie de gestes dont il faut absolument s'inspirer. Nos roulades et nos chutes sont souvent trop bruyantes et anguleuses. Question de morphologie, aussi. A chacun de trouver sa roulade, sa chute… et son aïkido, avec son "corps du moment".

 

PH

 

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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