Séance du 8 juin : recherche du centrage / force centripète

 

La séance d'aujourd'hui a été consacrée à :

 

1. Travail de centrage et exercice de la force centripète

Pour entraîner l'autre avec soi, il faut être centré… voilà bien un secret de Polichinelle !

Mais comment parvenir concrètement à se centrer ? Comment faire ressentir un bon centrage à des débutants ?

Un exercice : "coller les coudes au corps", sans tension, mais simplement les coller comme magnétiquement, les bras aux flancs, les coudes collés au-dessus des hanches. Les avant-bras semblent alors être articulés directement sur les hanches. C'est un peu le style "mante religieuse" (essayez !) Ce faisant, vous éviter le flotement et la montée des coudes, des bras et des épaules durant l'exécution d'un mouvement (tous les mouvements ne peuvent cependant pas être exécutés ainsi.. quoique…) On peut faire ikkyo… et plein d'autre choses en construisant ainsi son axe. On simplifie sa biomécanique ; on devient plus "colonne". Bref, on élimine des problèmes (flottements articulaires ; mauvaise habitude de faire monter des trucs qu'il ne sert à rien de faire monter ; économie de gestes).

Nous avons travaillé ainsi sur aihanmi katatedori kokyu nage : une fois avec une "saisie montante" de uke, une fois avec une "saisie descendante" de uke.

Pour compléter le centrage, on travaille te katana : la main du poignet saisi fait le geste de prendre le sabre sur la hanche opposé, et ce dans un mouvement subtilement fouetté. La rotation du poignet engendre un bras+avant-bras circulaire (autant qu'il est possible de l'être à un bras!) L'avant-bras s'est enroulé devant le hara, la main ouverte en lame de sabre a rejoint la hanche opposée.

Dans le temps de la saisie, faite un mouvement taï-no-henka : rotation des hanches, pieds tournant sur place.

Uke est très facilement déséquilibré, voire projeté… à condition qu'il tienne, bien sûr ! c'est-à-dire à condition que son attaque soit sincère, franche, vraie ! (et si ce n'est pas le cas, pourquoi devrait-on faire le moindre "mouvement" ?)

La force centripète

Le centrage de l'exercice précédent permet que la "force" (c'est le mot technique en Physique, mais je préfèrerais dire "énergie") soit centripète, et non centrifuge.

En laissant nos bras s'écarter de notre corps, le risque est de centrifuger uke ! Du coup, on le perd, il s'échappe… Or ce qu'il faut parvenir à faire, c'est le garder avec soi, le coller à soi, qu'il vous devienne -momentanément- comme une "seconde peau". Vous vous débarrassez ensuite de cette peau. On pourrait aussi employer l'image d'un vêtement -une veste- que l'on met puis que l'on quitte. On ne met pas une veste en usant de la force centrifuge, la veste vous quitterait… on use d'un minimum (on l'espère) de force centripète.

Pour créer un mouvement centripète, il faut accueillir la force de l'assaillant dans notre centre. Mais si celle-ci est trop puissante, il va vous exploser ! Il faut donc réussir à absorber sa puissance dans un "centre-éponge". Absorber en épongeant. ("J'éponge donc j'essuie", disait souvent la femme de ménage de Descartes… On sait maintenant qui est à l'origine du célèbre cogito).

Donc, devenez des éponges.

Biomécaniquement parlant, les chats sont vraiment de bonnes éponges. (Les chats retombent toujours sur leurs…)

Et une fois que vous avez épongé l'attaque de uke dans votre centre, tournez sur votre axe, ou bien coupez, ou bien déployez vous.

Ah oui, bien sûr, s'il n'y a pas eu de déséquilibre, rien ne fonctionne ! Votre accueil-éponge, en absorbant l'attaque de uké, a créé chez lui au moins un petit déséquilibre. Là, il ne faut pas traîner : dans le même temps où ce déséquilibre est créé, agissez en direction du centre de uke… selon la technique qui vous vient. Ou plutot : suivant le technique qu'il vous donne.

La technique ne vient pas de vous : elle vient d'uke. C'est lui qui vous donne le sens de la technique. Une technique n'est ajustée que si elle a été générée par le mouvement de uke et le sens de son déséquilibre… ou de son rétablissement. Suivez-le où il veut aller, et amplifiez son désir… qui va s'annuler.

Il faut toujours laisser allez l'autre où il veut aller. Ne pas le contrarier. C'est trop fatiguant, pour lui et pour vous. Donnez-lui la possibilité de s'exprimer autour de votre centre, puis envoyez le balader gentiment pour son plus grand bénéfice. Il est vivant, vous aussi, et comme il n'a pas été contrarié mais débouté avec grâce, il n'a pas forcément envie de réattaquer. Mais s'il le fait, il sait que vous êtes là pour l'aider à mieux comprendre. 🙂

 

2. Technique de jo à deux…

… montrées par Jean-Claude Joannès lors du stage du 3 et 4 juin à Saint-Dizier (voir une note précédente sur ce blog http://www.u-blog.net/aikido/2006/06/05)

 

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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