Stage de chi-kung, travail de l’énergie et de l’équilibre, avec Pierre Herr

 

Stage de chi-kung et autres exercices d’énergie et d’équilibre

Thèmes : Conduite de l’énergie interne, travail de l’équilibre et de l’enracinement, développement de la confiance et du relâchement.

Vous trouverez des photos des mouvements et postures réalisés par Pierre Herr sur :

 

Exercices que nous avons pratiqués le matin

Ouverture de l’articulation du bassin (1ère variante) : pieds parallèles dans l’écartement des épaules, on tourne les hanches, on laisse les bras s’enrouler à gauche et à droite. La conscience (l’intention) est dans le dan tien (jap. : tanden), c’est-à-dire dans le centre de gravité (3 doigts sous le nombril et 3 doigts à l’intérieur).

Réveil du corps ( = « harmoniser l’énergie de la Terre et du Ciel »), à faire plutôt le matin : Orienté vers l’Est. Sur l’inspir : les bras se lèvent au-dessus de la tête, paumes vers l’avant. Sur l’expir, les bras s’abaissent et passent derrière pendant que les talons se lèvent, puis se rabaissent tandis que les mains reviennent le long du corps. On recommence sans rupture.

Respiration bouddhiste et respiration taoïste : Poser les mains sur le ventre. En respiration bouddhiste, le ventre se gonfle à l’inspir et se creuse à l’expir. En respiration taoïste, le ventre se creuse à l’inspir et se gonfle à l’expir. Ensuite, combiner ces deux respirations : sur l’inspir, le ventre se gonfle (bouddhiste) et à mi-parcours de l’inspir il se creuse (taoïste) ; sur l’expir, le ventre se gonfle et à mi-parcours de l’expir il se creuse. Chercher la continuité souple sans rupture dans le cycle respiratoire.

Transfert du poids d’une jambe sur l’autre, jusqu’à arriver à la position accroupie sur une jambe et extension de l’autre jambe. Cela se fait par étape, en élargissant l’écart des pieds d’un pas à chaque fois, puis on descend sur une jambe en pliant le genoux, et on étend l’autre. On cherche à conserver au sol le talon de la jambe pliée.

Tui shou (1ère approche) : Deux partenaires se font face, en position « arc et flèche » (une jambe avancée, genoux un peu fléchi, l’autre jambe étendue mais pas raide à l’arrière. Les pieds sont sur deux lignes ou « rails » parallèles.). Tous les deux ont la même jambe en avant. Les pieds des deux personnes sont côte à côte, leur face interne se regardent à distance d’un pas. L’un guide en passant son poids vers l’avant du corps, puis vers l’arrière, doucement. L’autre doit suivre au même rythme en reculant parce qu’il ressent la chaleur de l’autre et en gardant la distance initiale. C’est un exercice de ressenti. Si les informations visuelles sont nécessaires au départ, elles doivent se réduire peu à peu. Idéalement, il faudrait parvenir à ce que celui qui ressent fasse l’exercice les yeux fermés, en bougeant par rapport à l’autre uniquement en fonction du ressenti (par écoute intérieure globale).

« Danse » avec les mains collantes : Exercice assez facile et ludique. L’un pose ses doigts sur le poignets de l’autre (le contact de la pulpe des doigts sur les poils peut suffire, car le contact doit être et rester très léger). L’un des deux guide la danse en bougeant doucement son bras et son corps. L’autre fermera les yeux pour mieux ressentir le simple contact tactile (et non pas suivre de manière visuelle). Les mouvements doivent rester lents, souples, mais peuvent aller dans toutes les directions.

Tui shou (2ème approche : « être à l’écoute de l’autre ») : A deux, position « arc et flèche ». Poser la pulpe des doigts sur le poignet de l’autre. L’un pousse doucement droit devant, vers le sternum de l’autre, qui accepte cette poussée ; puis il rend cette poussée aussi doucement. Le travail des pieds : pieds « arc et flèche » sur deux lignes au sol ; transfert du corps sur la jambe arrière, la pointe du pied avant se relève ; lors du transfert du poids vers l’avant, rester ancré sur la jambe arrière ; sentir l’enracinement et le poids au milieu 50/50) ; le corps est bien droit. Le travail des mains : les mains restent collées sans aucune force ni de puissance dégagée ; il faut chercher à être à l’écoute de l’autre par les mains.

Ba dua jin (Les 8 mouvements de santé ou « les huit pièces de brocart ») : Ces 8 mouvements connaissent des variantes suivant les écoles et les courants de pratiques. Vous les trouverez présentés dans de nombreux livres consacrés au chi-kung et au taï-chi-chuan, par exemple dans l’ouvrage Taï-chi-chuan de Roland Habersetzer (entre autres 8ème dan de karaté), Editions Amphora. (Profitons-en aussi pour rappeler son ouvrage Chi-kung aux mêmes éditions). Dans un ordre parfois variable ces exercices sont, en abrégé :

1)      Lever les mains devant sa poitrine doigts en vis-à-vis comme pour prendre un ballon. Les mains tournent et montent au dessus de la tête, puis se séparent de chaque côté du corps.

2)     Tirer à l’arc. En position du cavalier, monter les poings l’un contre l’autre devant la poitrine. Tendre l’arc et ouvrir la fourche index + annulaire vers la gauche. Le regard passe dans la fourche, regard au loin sur l’extension, puis revient dans la fourche. Le poing gauche revient au centre. Même chose à droite.

3)     Séparer le Ciel et la Terre (tout en s’y connectant. Ce mouvement rappellera ten-chi aux aïkidoka (ten voulant dire Ciel, et chi voulant dire Terre). Mouvements circulaires vers soi devant sa poitrine pour préparer la montée d’un main et la descente de l’autre. Lorsque la main qui est en haut redescend, celle qui était en bas se tournent doucement en même temps pour que les mains se rejoignent en même temps paumes vers le haut devant le centre.

4)     Lever les mains et les abaisser en tournant la tête à gauche, remonter les mains puis les abaisser en ramenant la tête au centre ; même chose de l’autre côté pour la tête.

5)     Lever les bras et attraper ses chevilles, masser le contour du pied et remonter vers l’avant le long des jambes en passant par le plis de l’aine.

6)      Dans la position du cavalier, mains sur le bas des cuisses, pouce vers l’extérieur, regarder vers l’arrière en haut, puis ramener la tête au centre, faire pareil de l’autre côté, puis balancer les bras vers l’avant entre les jambes sur l’expir après avoir pris une inspiration bras écartés.

7)     Debout, envoyer le poing droit vers la diagonale droite, puis le poing gauche vers la diagonale gauche.

8)     Poids du corps vers l’avant sur le bol du pied, les talons se lèvent, comme si on était tiré par un fil (de soie ou d’or…) par le sommet de la tête ; « couper » le fil de soie… le corps retombe sur les talons, bien vertical.

 

Se relier à la Terre, s’ancrer dans le sol : A deux, position « arc et flèche », face à face. L’un pousse vers le sternum de l’autre qui ne cherche d’abord pas à s’ancrer dans le sol. Il éprouve son propre déséquilibre. Puis il cherche à s’ancrer dans le sol, pied et cheville arrière enfoncés comme dans du sable (ou bien effet « bottes de pêcheur » pris dans la vase). C’est un sensation de pesanteur interne qu’il faut développer pour parvenir à fixer ce pied arrière dans le sol. On éprouve notre stabilité ; il y a peu ou pas de déséquilibre lorsque l’autre pousse doucement mais à chaque fois plus loin. Trois variantes : la poussée peut s’effecteur horizontalement, ou vers le haut, ou bien encore vers le bas, la main étant toujours appliquée sur le sternum.

Replacer l’énergie dans le dan tien ou la Renvoyer à la Terre : Replacer l’énergie dans le dan tien (jap. : tanden) permet de stocker dans votre centre vital inférieur l’énergie accumulée lors des exercices précédents. Pour cela, embrasser l’énergie et placer le centre de votre paume gauche à l’endroit du dan tien, puis le centre de votre paume droite au centre du dos de votre main gauche (ceci si vous êtes un homme, l’inverse si vous êtes une femme, mais si vous vous trompez aucune catastrophe ne s’abattra sur vous !) Renvoyer l’énergie à la Terre : ceci permet de chasser le trop plein d’énergie, notamment si elle s’est accumulée à là tête. Inspirez doucement en ramenant les mains, doigts en extension au dessus de votre tête, paumes vers le bas, puis expirer doucement pour faire descendre l’énergie à l’intérieur de vous jusqu’au sol en descendant les mains doucement. Vous passez doucement devant vos centres vitaux jusqu’au dan tien inférieur, à ce moment l’énergie passe par les pieds et s’éparpille dans le sol. Ces deux exercices sont à pratiquer selon la nécessité du moment : soit pour récupérer de la bonne énergie dans votre centre vital principal (dan tien = tanden = centre de gravité physique et vital), ou bien, s’il y a de la mauvaise énergie ou un trop plein en un certain endroit (souvent la tête) faire disparaître celle-ci en l’évacuant par le bas (un peu selon le principe d’un paratonnerre qui éparpille l’énergie dans le sol).

 

Exercices que nous avons pratiqués l’après-midi

Ouverture de l’articulation du bassin (variante ample) : Rotations du bassin. En balançant les mains de chaque côté, une main monte paume vers le haut, l’autre main va un peu derrière le corps, paume vers l’arrière. Recherche un mouvement de balancier souple ; ceci n’est possible que si les hanches participent. Variante encore plus ample : le talon arrière se lève lors de la rotation, et se tourne un peu suivant le mouvement.

Reprise des 8 mouvements du Ba dua jin : développement des 8 mouvements ("8 pièces de brocart").

Tui shou (3ème approche) : Cet exercice de tui shou qui développe les précédents n’a pu être abordé durant le stage. Il consiste à absorber circulairement, par rotation du buste et du bassin, la poussée de l’autre, et à la lui renvoyer. Ceci se fait d’abord doucement, et peut se pratiquer ensuite avec des changements de rythmes dans les poussées.

Relâchement du bassin : A deux. L’un se met en position « arc et flèche » et doit se laisser faire ; l’autre se place derrière, main sur les hanches de celui à qui il va faire faire les mouvements de hanches. D’abord, mouvement lent gauche/droite, puis en changeant le rythme et l’amplitude. Ensuite, mouvements avant/arrière, lentement, puis en changeant le rythme et l’amplitude. Enfin, combinaisons libres gauche/droite/avant/arrière.

Relâchement des bras : A trois. Deux personnes prennent en charge les articulations du coude et du poignet de la personne au centre. L’un s’occupe du bras gauche, l’autre du bras droit. Ils manipulent lentement les bras dans tous les sens articulaires naturels. La personne au centre a les yeux fermées. Elle reste stable sur sa position de pieds, mais abandonne ses bras aux mouvements qu’on lui fait faire.

Posture de l’arbre (zhan zhuang = jap. « ritsu zen » = zen debout) : On la pratique sur les trois positions de base : en haut (dan tien supérieur = « chakra » du front), au milieu (dan tien médian = « chakra » du sternum), en bas (dan tien inférieur = « chakra » du ventre). La littérature est abondante sur cette posture fondamentale dans les arts martiaux notamment dans les pratiques « internes ». Il s’agit bel et bien de l’équivalent debout de la posture zen qui se pratique assis depuis plus de deux mille ans (Jap. « zazen » = zen assis). Le zhan zhuang est donc une innovation, introduite par Maître Wang Xiang Zhai au XIXème siècle, en tant qu’héritier d’une tradition plurimillénaire. Un livre particulièrement détaillé (mais pas facile) sur la question, est : I-Chuan : les bases scientifiques de la posture de l’arbre, de Yu Yong Nian, Editions Charles Antoni – L’Originel, collection sagesses du corps, 1999. On trouvera aussi une présentation claire et simple dans le livre de Roland Habersetzer, Chi-kung, déjà cité ci-dessus.

Tui shou (4ème approche) : non présenté durant le stage. Il s’agit du tui shou avec les deux mains, l’une au poignet, l’autre au coude.

Abandon/relâchement allongé : A 6 personnes. Une allongée, cinq autour, une à chaque membre, une à la tête avec une serviette pour faire rouler la tête de gauche à droite lentement. Les quatre autres manipulent lentement jambes et bras dans toutes les directions naturelles des articulations. A faire 5 minutes minimum, 10 ou 15 minutes maxi pour un effet de déconnection absolu du mental et d’abandon relaxant total.

Abandon/relâchement vertical : A trois. Un devant, un derrière la personne debout au centre. Celle-ci ferme les yeux et se laisse tomber en avant, accueilli dès le départ par les paumes de deux mains posées sur le devant de ses épaules. Puis elle est poussée lentement vers l’arrière, et accueilli par l’autre qui pose ses deux paumes derrière les épaules. Mouvement de bascule répété, en descendant chaque fois un peu plus, mais sans que la personne ne décolle les pieds du sol.

Massage du corps : A deux. Non pratiqué durant le stage. Massage du dos de l’autre par petites percussions des poings et du plat de la main, de haut en bas.

 

 Fin du stage

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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