Dimanche 9 octobre : stage avec Jean-Pierre Lafont à Saint-Dizier

 

La richesse de ce stage n'en rend pas le compte-rendu aisé.

Quel est le thème central qui se dégage d'un tel stage ?

Peut-être le sens du relachement, la sensation d'un abandon efficace. La non-résistance. Autant dire l'aïkido lui-même.

 

Matin

  • Coupes au sabre, en shomen, en levant les bras devant, en extension, sans jamais plier le coude, et en ouvrant la main pour libérer le ken, qui est ensuite récupéré pour la coupe. Très difficile, très exigeant pour les épaules. Le mouvement ken/bras, est complémentaire : alors qu'on monte les bras devant soi, les coudes vers l'intérieur, parfaitement centré, il faut relacher les doigts (ouvrir les mains) pour libérer le ken qui lui descend. La coupe est plus facile que la montée des bras devant soi en extension.
  • A deux : exercice de ken. Les ken sont en contact magnétique. Shite pèse de son ken sur celui de Aïté en avançant d'un demi-pas (idée de tsuki?). Aïté entre alors du pied droit, vers la gauche, dans un angle obtu qui, idéalement, n'occupe pas plus de l'espace de la largeur d'un ken (donc très proche du ken de Shite. Comme c'est difficile, on accepte pour commencer un angle un peu moins fermé.) Aïté laisse "tomber" son ken par ouverture des doigts ; il monte ses bras en extension (non raide), épaules basses. Puis il coupe en yokomen ou kesagiri sur Shite.
  • Même exercice, mais cette fois, Shite répond, au moment où Aïté l'attaque en shomen, par une coupe retournée de bas en haut au niveau de l'avant-bras de Aïté (Gyaku kesa giri ? En tous cas, la zone à "couper" se situe visiblement entre l'aisselle et le poignet de Shite). L'attaque de Aïté est ainsi "suspendue" une fraction de seconde. Lorsqu'aïté abat son sabre, Shite tranche alors en kesagiri, avec le poids du sabre (les hanches descendent : tout le corps coupe).

Les hanches et le centre descendent toujours pour entraîner le reste, c'est-à-dire le haut du corps, qui bénéfice, en impulsion est en puissance, de cette aspiration vers la bas, de cette pesanteur qui semble n'être rendue possible que par un abandon et un contrôle du centre simultanés.

 

Après-midi

Travail à mains nues, en gardant le bénéfice du sens du relachement, de la non-résistance et du centrage expérimenté le matin avec le ken.

  • A deux : saisie katate dori, entrée irimi tai-no-henka. Il s'agit ici de travailler le transfert du poids du corps d'une jambe sur l'autre. La jambe qui fait l'irimi est légère et se pose délicatement de manière à pouvoir être retirée jusqu'au dernier si nécessaire et s'il faut changer de direction. C'est la jambe arrière, celle qui porte le kokyu, qui descend (le genoux se plie un peu) pour poser la jambe avant (exactement comme dans le taï-chi-chuan). Dès que la jambe avant est posée – le pied ayant déjà pivoté pour préparer la rotation tai-no-henka – l'autre jambe, qui est maintenant la jambe avant, s'allège (de manière à être elle aussi maintenant mobile s'il s'agit de changer de direction pour un nouvel irimi). C'est la jambe arrière qui, là encore, "pose" le pied avant avec légèreté. Le principe technique est qu'à aucun moment il ne faut poser trop fermement ni définitivement un appui… que l'autre pourrait exploiter pour s'en servir. Idéalement, il semble qu'il faille toujours le laisser l'autre dans la suspension d'un vide, ce qui n'est possible que si on ne lui fournit pas la sensation d'un appui (principe de non-résistance, et, en chinois, de "wu wei" dans toute sa splendeur). Finalement, la sensation globale pour celui qui fait le irimi-tai-no-henka est plutôt une sensation aérienne de mobilité rotative qu'une sensation d'enracinement qui risquerait de durer une fraction de seconde de trop… fraction durant laquelle l'autre peut exploiter l'appui. Idéalement : ne donnez aucune information à l'autre sur votre position. Encore une chose : le mental ne doit pas rester bloqué sur la partie du corps qui se pose… mais aussitôt investir la partie du corps qui est mobile, pour la "jeter" vers l'extérieur par la rotation sur le pied axial, ce qui crée une impulsion faisant contrepoids. L'énergie de cette impulsion et de ce contrepoids est récupéré de manière centripète dans votre hara pour renforcer votre centre. Ainsi, le centre de l'autre est "pris", tandis que dans le même temps le vôtre est renforcé. On peut alors guider l'autre sans difficulté.  On pourra trouver des images de ce transfert de poids d'une jambe sur l'autre dans la présentation pédagogique de Koichi Tohei sur son document vidéo intitulé AÏKIDO AUTHENTIQUE, Kochi TOHEI, 9ème dan, Editions Budostore, collection Mémoire des Arts martiaux, l'Age d'or de l'Aïkido, 46 minutes, 30 Euro (K7 vidéo PAL, disponible). Il ne s'agit pas d'exécuter ce mouvement de rotation en levant autant les pieds, car c'est une manière pour Koichi Tohei (et samedi pour Jean-Pierre Lafont) d'amplifier visuellement ce qu'il convient de ressentir en soi-même dans les déplacements. Légèreté, mobilité, enracinement momentané mais aussitôt remobilisé si nécessaire. Les "pesées" finales arrivent par descente du centre et du hara pour finir d'accompagner au sol le déséquilibre de Nage. Remarque : le déséquilibre doit être réalisé dès le début du mouvement ; la prise du centre doit être la plus précoce possible ; le reste du mouvement n'est que guidage une fois que le centre est pris. Sans cette "capture" du centre de l'autre, le mouvement n'a aucun sens, et peu  voire pas d'efficacité.
  • A deux, jo dori : saisi du jo, puis shi-o-nage. La technique elle-même est moins importante que le travail du relachement. Ce dernier permet d'être suffisamment sensible pour aspirer le jo vers le bas, dans une légère diagonale, avant d'entrer l'irimi permettant la première phase du shi-o-nage proprement dit.

 

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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