Jeudi 1er septembre 2005 : les 8 coupes au sabre

Reprise des séances d’aïkido dans notre section.

Préliminaires lents type ba duan djin (= 8 pièces de brocart) + postures d’étirement. Exercices de relâchement, notamment des épaules et des bras, en vue du travail au ken.

Exercices au ken en conservant la sensation de relâchement de tout le haut du corps. Sensation du poids des bras en montant et descendant shomen. Sensation d’inspirer (monter) et d’expirer (descendre) dans le mouvement. Le ken est à la fois une extension du corps et une extension de le respiration (kokyu). Rythme individuel, puis tous ensemble. Martialité non encore présente.

  • Les 8 coupes au sabre : shomen, kesa giri x 4, yogo guruma x 2, tsuki.

D’abord seul, le regard en direction d’un infini à l’horizon. Puis face à face, l’un immobile s’exerçant à une perception globale des mouvements de celui qui fait les 8 coupes devant lui.

Au fur et à mesure, la présence martiale de celui qui coupe s’affirme. Il y en a un qui donne les coupes, c’est shite, le « donneur » ; l’autre qui les reçoit, c’est aïte, le « receveur ».

Les rôles s’inverse toutes les 3 séries de coupes. Aïte doit ressentir de plus en plus nettement la présence martiale de shite. Cette présence va croissant jusqu’au tsuki final, le seul mouvement qui vient presque toucher aïte sur un kiaï possible spontané.

Importance du regard (mestuke), aussi bien pour l’un que pour l’autre. Ils ne se regardent pas dans les yeux, ni le visage. Aïte a son regard posé au sol devant les pieds de shite, sa perception de la sphère où se déploie les coupes est globale (à exercice de la vision périphérique non focale, car « arc réflexe » plus rapide). Shite regarde en direction d’un infini à l’horizon au travers de aïte. Quoiqu’à distance d’environ cinquante centimètres, c’est comme s’il le coupait réellement l’autre.

  • Absorption sur attaque shomen : sensation de contact magnétique des ken en chudan kamae. Shite attaque en shomen, pied droit. Aïte recule jambe gauche et absorbe avec le sabre (sensation du pommeau relié à la hanche gauche). Puis shite attaque shomen, pied gauche. Aïte recule jambe droite et absorbe avec le sabre (sensation du pommeau relié à la hanche droite). Les attaques se suivent lentement et régulièrement, avec la sensation de relâchement, dans l’esprit des premières coupes au sabre de la séance.
  • Exercice final d’absorption + réponse : Aïte, attaqué en shomen par shite, choisi d’entrer sur shite quand il le sent, par une coupe de type yoko guruma ou kesa giri de bas en haut.

Fin. Salut avec les armes.

Réunion sur les orientations à venir de la pratique à la section d’aïkido

En résumé : L’aïkido vécu comme art de conduire l’énergie intérieure est plus profond que les techniques martiales par lesquelles il s’exprime à l’extérieur. La dimension martiale – l’efficacité martiale – est donc la résultante d’une maîtrise préalable de l’énergie intérieure. Il est proposé que la pratique à venir intègre complètement le travail de l’énergie interne et fasse dériver les formes de l’aïkido de ce travail de l’énergie interne. Ceci implique d’approfondir la connaissance de l’aïkitaïso et de la compléter par des stages et des interventions spécifiques, notamment, et dans la mesure du possible, en taï-chi-chuan, chi-kung, yoga (pranayoga, yoga tibétain…), méthode Feldenkraïs, etc.

Pistes

Parmi une littérature de plus en plus abondante sur le sujet de l’énergie interne, je retiens pour aujourd’hui les ouvrages suivants :

J.-D. CAUHEPE et A. KUANG, Le jeu des énergie respiratoires, gestuelles et sonores dans la pratique de l’aïkido, Guy Trédaniel Editions de la Maisnie, 1984. (Ouvrage riche et complexe, pour les pratiquants avancés, dont le contenu nécessite la guidance d’un professeur expérimenté.)

Roland HABERSETZER, Chi-kung – La maîtrise de l’énergie interne, Editions Amphora, 1990. (Une recherche encyclopédique et pratique autour du chi-kung, l’art chinois de l’énergie interne, effectuée par un expert européen du karaté (7ème dan), du taï-chi-chuan et du chi-kung. L’auteur est responsable de la collection « Encyclopédie des arts martiaux » aux éditions Amphora.)

Koichi TOHEI, Le livre du ki – L’Unification de l’Esprit et du Corps dans la vie quotidienne, Guy Trédaniel Editions de la Maisnie, 1982.

Koichi TOHEI, Le ki dans la vie quotidienne, Guy Trédaniel Editions de la Maisnie, 1983. (L’auteur a reçu le plus haut grade directement du fondateur de l’aïkido. Il a créé l’Ecole du ki. Il oriente la pratique de l’aïkido dans le sens du travail de l’énergie interne avant celui de la dimension biomécanique des techniques martiales elles-mêmes.)

Kenji TOKITSU, La recherche du ki dans le combat, Editions DesIris, 2004. (L’auteur est 9ème dan, expert en karaté, en taï-chi-chuan et en kikô (=chi-kung) ; en quarante années d’expérience, il est passé d’une pratique physique intensive à la recherche de l’énergie.)

Itsuo TSUDA, L’Ecole de la respiration, 9 tomes, Courrier du Livre, premier tome en 1973 et dernier en 1983. (Japonais venu en France. Créé l’Ecole de la respiration. A pratiqué et enseigné l’aïkido et a eu l’occasion de fréquenter le fondateur à la fin de sa vie. On trouvera dans ces 9 tomes des informations essentielles et uniques pour la pratique de l’aïkido.

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About Philibert de Strasbourg

Originaire de Strasbourg, mon prénom est un pseudonyme paraphonique directement inspiré de mon prénom et de mon nom réels. J'aime le son des cathédrales et le souffle des pages lues.
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